Le livre africain draine les foules à Paris

Le Salon du Livre Africain de Paris est revenu pour sa quatrième édition du 14 au 16 mars 2025 à la Halle des Blancs Manteaux, au cœur du quartier du Marais. Une grande célébration de la richesse de la littérature africaine et afrodescendante, avec pour thème cette année " Voyage(s) en diaspora(s) ".

Du Salon du Livre Africain de Paris, on retiendra avant tout l’affluence : dans les allées, derrière les stands, aux tables rondes, l’événement a fait salle comble. Les organisateurs ont fait le bon choix en optant pour le vaste espace de la Halle des Blancs Manteaux, tout juste assez grand pour accueillir la foule de professionnels et d’amateurs réunis par une passion commune pour la littérature.

Un secteur littéraire en effervescence

L’Afrique est un continent qui affectionne le verbe ; s’il fallait s’en convaincre, ce salon y suffirait. Face aux 8.000 visiteurs attendus, une soixantaine d’éditeurs et plus de 200 auteurs étaient représentés, de tout le continent et de la diaspora. La variété linguistique ajoutait à la dimension foisonnante de l’événement avec des ouvrages en langues locales et des éditions bilingues en hommage aux quelque 1.800 langues parlées à travers le continent.

Les genres les plus variés se côtoyaient sur les stands : roman, nouvelles, essais, théâtre, poésie, littérature jeunesse ou encore fantasy, sans oublier des genres plus disruptifs comme des mangas à la sauce africaine avec les aventures du jeune Sanka signées The last Kamit. Il était d’ailleurs intéressant de remarquer que nombre d’auteurs avaient signé des ouvrages de genres littéraires différents, gommant les frontières de l’inspiration littéraire.

Aux côtés des livres papier traditionnels, de nouveaux formats avaient fait leur apparition, développés par la jeune génération. On notait notamment la présence d’une startup panafricaine, FCaudioEdit, qui a développé une application très qualitative de livres audio mettant à disposition un large catalogue d’ouvrages. Une approche façon podcast pensée pour accrocher un public plus féru de TikTok que de livres. Le numérique était également à l’honneur, avec par exemple des livres pour enfants intégrant des QR code pour enrichir l’expérience des jeunes lecteurs et les faire apprendre en s’amusant.

Des enjeux en débat

Dans les allées du salon, les cartes de visite s’échangeaient à tout-va, les exposants interpellaient volontiers les visiteurs. L’heure était au réseautage, pour les auteurs comme pour les éditeurs, à l’affût de partenaires pour les accompagner dans les défis de la publication. Au demeurant, beaucoup d’entre eux portaient la double casquette, d’auteur et d’éditeur, signe des challenges du secteur littéraire en Afrique.

C’est pour débattre de ces challenges qu’une pleine demi-journée de présentations, formations, rencontres et échanges de best practices avait été organisée à l’attention des professionnels. Parmi les sujets abordés : les droits d’auteur, la promotion locale des livres ou encore la découvrabilité numérique.

Autant de débats qui se prolongeront dans le cadre des futurs salons du livre programmés ces prochains mois partout sur le continent, de la Guinée Conakry à la Côte d’Ivoire en passant par le Gabon.

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