L’Afrique opératique se donne rendez-vous à Paris

Unique en son genre, le Concours International des Grandes Voix d'Opéra d'Afrique donne rendez-vous les 24 et 26 avril, à Paris, à l’Athénée Théâtre Louis-Jouvet, à tous les connaisseurs, amateurs ou simples curieux.

C’est en 2022 que le concours a été créé à l’initiative de l’association Africa Lyric’s Opera. Sa fondatrice, Patricia Djomseu, avait à cœur de favoriser l’émergence et la visibilité des talents lyriques d’Afrique et issus de la diaspora. L’événement, qui ne cesse de gagner en visibilité, a déjà permis à près de 150 jeunes chanteurs de faire valoir leur talent sur la scène internationale.

Porter haut les couleurs du lyrique

Pour cette quatrième édition, pas moins de 70 chanteurs de 20 pays ont envoyé leur candidature. A l’issue des pré-sélections, quarante d’entre eux se produiront dans le cadre des demi-finales, ce dans trois catégories : Jeune espoir, Amateur et Semi-professionnel. Les 24 et 26 avril, les spectateurs, bienvenus sur simple inscription sur le site du théâtre Athénée, découvriront avec leurs prestations l’incroyable richesse et diversité de la scène lyrique en Afrique.

Les chanteurs ne seront pas seuls à l’honneur durant l’événement, les compositeurs africains contemporains auront également leur place. « Chaque année, explique Patricia Djomseu, nous commandons à un compositeur africain ou afrodescendant de musique classique une œuvre originale. Aux côtés des grands compositeurs historiques du répertoire classique, français, allemand ou encore italien, nous faisons ainsi connaître des talents africains, tout en valorisant les langues et sonorités locales. Après la Congolaise Helfi Miaka, le Nigérian Godwin Sadoh et l’Afro-américaine Cynthia Cozette-Lee, ce sera cette année au tour de l’Haïtien David Bontemps, de la Sud-Africaine Jeanne Zaidel-Rudolh et du Camerounais Jules Teukam de faire découvrir au public une composition inédite, grâce au travail réalisé avec Myrelingues ».

Pour ceux qui n’auraient pas la possibilité d’assister à l’événement, pas d’inquiétude !
La compétition se prolongera en mai par une grande tournée de concerts à travers la France, qui fournira l’occasion aux lauréats de se produire devant un large public.

Retour sur l’édition 2024 du Concours des Grandes Voix Lyriques d’Afrique

A la clé : réseau et visibilité

Si l’initiative rencontre un tel succès, c’est qu’elle répond à un besoin. Elle apporte aux talents une reconnaissance et une visibilité bienvenues comme en témoigne la jeune soprano malgache Mariamielle Lamagat, lauréate 2023, qui a grandement apprécié de pouvoir aller au-devant du public.

Le concours et la tournée sont également l’occasion de mettre en relation chanteurs et compositeurs avec des professionnels du secteur. Les candidats se présentent devant un jury prestigieux, composé principalement de directeurs d’opéras et de conservatoires ainsi que de musiciens, chanteurs et professionnels internationaux renommés. Par la suite, la tournée est l’occasion de prolonger les rencontres, notamment avec les responsables des opéras et institutions partenaires de l’événement. Autant d’occasion d’échanges et de collaborations pour les uns et les autres.

Une pépinière de talents

Si le concours donne un coup de pouce à des talents émergents, il ambitionne également de susciter des vocations chez de futurs artistes. Sur un continent où l’art lyrique reste peu représenté, il fournit aux jeunes des exemples de parcours aspirationnels.

Mais éveiller des vocations n’est pas tout, encore faut-il donner la possibilité aux jeunes de se former à un art vocal très spécifique. De fait, sur le continent africain, l’apprentissage du chant passe souvent par l’Eglise, explique la soliste togolaise Clémentine Ayefouni. Les talents s’y développent en autodidactes mais la technique fait souvent défaut. Africa Lyric’s Opera travaille tout au long de l’année à accompagner les talents par des formations, des rencontres, des ateliers…

Et l’infatigable Patricia Djomseu ne compte pas s’arrêter en si bon chemin ! Les idées ne lui manquent pas, parmi lesquelles l’ouverture d’un conservatoire au Cameroun, pour répondre à une demande de formation de la part des chanteurs en herbe mais également des formateurs. Un projet ambitieux mais nécessaire pour permettre aux futures grandes voix d’Afrique de trouver leur voie.

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