Edition jeunesse : un 1er forum à enjeu à Lomé

C’était une première – et ce fût un succès ! le Forum des éditeurs jeunesse d’Afrique (FEJA), qui se tenait du 6 au 8 mars à Lomé, est parvenu à rassembler une cinquantaine de professionnels de la littérature jeunesse venus de tout le continent.

Si la littérature jeunesse est florissante en Afrique, avec de nombreuses créations originales, les maisons d’édition locales n’en sont pas moins confrontées à de nombreux challenges. C’est pour y répondre qu’a été créé le FEJA, une rencontre panafricaine des éditeurs spécialisés en littérature jeunesse, dont la première édition vient de se clôturer.

Organisé par l’association Lire au Togo, présidée par Simon de Saint-Dzokotoe, avec l’appui d’Agnès Debiage (ADCF Africa), le FEJA bénéficiait par ailleurs du soutien de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF). Son programme, sur trois jours, avait été soigneusement pensé pour favoriser les échanges professionnels, le matin dans le cadre d’ateliers et l’après-midi dans le cadre de rendez-vous BtoB.

C’est ainsi que 52 éditeurs du secteur de la jeunesse (hors scolaire), représentant 2.091 titres et venus de 16 pays (Bénin, Burkina Faso, Cameroun, Côte d’Ivoire, Djibouti, Gabon, Ghana, Guinée, Île Maurice, Kenya, Madagascar, Mali, Maroc, Nigéria, Sénégal et Togo), ont pu échanger autour d’enjeux cruciaux pour leur métier.

Littérature jeunesse : un enjeu d’éducation

Support éducatif, vecteur de valeurs, catalyseur de curiosité, terreau de créativité, la littérature jeunesse obéit à des enjeux de taille, bien au-delà du simple loisir récréatif. Encore faut-il offrir aux enfants et aux adolescents des livres, albums et autres bandes dessinées qui sachent capter leur intérêt et transporter leur imagination.

Dans cet esprit, il est primordial de créer des héros et héroïnes qui ressemblent à leurs jeunes lecteurs et évoluent dans un environnement qui leur soit familier, avec des histoires qui leur parlent. Développer un personnage local attachant était ainsi le thème de l’un des ateliers, animé par Pascale Siew, la créatrice du sympathique petit Mauricien Tikoulou.

Il est tout aussi essentiel de savoir proposer aux enfants des produits de qualité, originaux, colorés, soigneusement illustrés. Autant de réflexions nourries par les artistes Jean Koumy et William Adjete Wilson, venus partager leur créativité en matière de couleurs pour le premier et d’illustrations (collages, wax, appliqués…) pour le second.

La difficile équation économique des éditeurs africains

Autre enjeu, et non le moindre, pour les éditeurs en Afrique : la diffusion des ouvrages. Comment rentabiliser la production d’un livre en l’absence de canaux de distribution ad hoc ?

C’est dans ce contexte que s’inscrivait le FEJA, avec l’ambition de faire émerger un réseau qui favorise les collaborations panafricaines. La coédition, notamment, peut se révéler une solution intéressante, de même que les cessions de droits, qui permettent la circulation des écrits. Dans cette perspective, les problématiques de traduction étaient au cœur des échanges, avec pour objectif de permettre des connexions entre zones linguistiques et une circulation continentale des œuvres.

Autre piste qui aura été largement explorée à l’occasion du forum : le numérique, une solution intéressante pour augmenter la visibilité des ouvrages à moindre frais mais à utiliser à bon escient, en maîtrisant ses tenants et aboutissants.

Autant d’échanges qui vont utilement nourrir les réflexions des participants, rentrés chez eux des idées plein la tête et des contacts plein le répertoire, déjà pressés de reprendre les discussions !

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