Me Ya Be : danse avec la RDC !

Fin avril, Kinshasa a vibré une semaine durant aux rythmes de la danse contemporaine avec le festival Me Ya Be. Une quatorzième édition qui a confirmé la double ambition du festival : promouvoir l'excellence artistique tout en œuvrant pour une société plus inclusive.

Le fondateur du festival Me Ya Be, le danseur et chorégraphe congolais Jacques Bana Yanga, explique avoir créé l’événement après avoir découvert, à l’occasion d’une tournée internationale, l’existence de la Fête de la Danse, célébrée chaque année à travers le monde le 29 avril.

Avec le festival Me Ya Be, Jacques Bana Yangaa a souhaité offrir à ses compatriotes la possibilité de découvrir la danse ou faire découvrir leur talent. Un rendez-vous éminemment festif et artistique bien sûr, mais également humaniste, porté par les valeurs universalistes et sociales qui animent Jacques Bana Yanga.

Une célébration artistique, un esprit cosmopolite

Le nom du festival Me Ya Be, “Moi avec vous” en yanzi, traduit l’ambition de la rencontre : réunir un public large et diversifié autour d’un amour partagé pour la danse.

Cette année, une programmation plus abondante et éclectique que jamais a animé Kinshasa. L’heure était au dialogue interculturel avec une centaine de danseurs et chorégraphes venus du monde entier. Six compagnies congolaises ont mis en lumière la vitalité de la scène locale (SP Dance Academy, Ak’art, Bina na Nga, Tatem Danse, The Angels et le collectif Art 243), tandis que des compagnies internationale, EDC-EurAsia Danse (Italie), Oups Danse (France) et Nomada (Espagne), ont offert une belle démonstration de l’universalité du langage chorégraphique.


Les spectacles ont attiré près de 3.500 spectateurs, amateurs et professionnels, locaux et internationaux, témoignant de la reconnaissance grandissante du festival sur la scène artistique africaine.

L’éclosion de jeunes talents

Cette édition avait la particularité de marquer l’aboutissement d’un ambitieux programme de formation organisé par Jacques Bana Yanga en parallèle du festival Me Ya Be. Son objectif : professionnaliser 50 danseurs et 25 chorégraphes congolais au travers d’ateliers et masterclass dispensés en collaboration avec des professionnels internationaux. Lancé en 2022 et programmé sur trois ans, ce programme arrivait cette année à son terme.


Pour clôturer ce cursus intensif, quatre formations avaient été organisées avec des chorégraphes de renom. La première était dispensée par Jacques Bana Yanga lui-même, qui a proposé aux participants de traduire en danse les expériences du quotidien. La conception de spectacle et l’usage de la lenteur dans les mouvements étaient au cœur de l’atelier animé par l’Espagnol Roberto Torres. Les Françaises Emilie Joneau et Clémence Juglet ont ensuite ouvert l’horizon des danseurs à la danse hip-hop contemporaine. Quant à l’Italien Stephano Fardelli, il a fourni les clés d’une écriture chorégraphique structurée.

Pour finir en beauté ce parcours exceptionnel, les jeunes danseurs ont eu la chance de présenter le 29 avril, en clôture du festival, le jour de la Fête de la Danse, le fruit de leur travail, un spectacle joliment intitulé « Muinda », « lumière » en lingala. Présentée devant un large public, incluant des professionnels du monde entier, cette performance aura été l’occasion pour ces talents en herbe de recueillir des avis et contacts utiles pour leur future carrière.

Dès novembre prochain, une nouvelle promotion bénéficiera de ce programme, confirmant l’engagement du festival dans l’éclosion d’une nouvelle génération d’artistes congolais.

Amener la danse au cœur de la cité

Autre initiative notable et louable de cette édition 2025 : l’organisation d’un spectacle dans un orphelinat du quartier Mombele, à Limete, avec la volonté d’ouvrir la danse à un public éloigné des circuits culturels traditionnels. Un moment magique pour les jeunes spectateurs – et peut-être la naissance d’une vocation pour certains !


Ce geste s’inscrit dans la philosophie d’inclusion sociale chère à Jacques Bana Yanga. Pour lui qui a grandi dans un quartier populaire de Kinshasa et commencé à danser dans la rue à l’âge de 14 ans suite au décès de son père, la danse représente plus qu’un art : c’est un puissant levier d’émancipation et de développement personnel, notamment pour la jeunesse des quartiers populaires. Le centre de danse Ntongo Elamu (« Bon matin » en lingala), fondé en 2021, incarne cette démarche en offrant aux jeunes de Kinshasa un espace d’expression et d’apprentissage, loin des dérives de la rue.

Me Ya Be continue ainsi résolument de s’affirmer comme un événement majeur, promouvant non seulement l’art chorégraphique mais aussi l’inclusion sociale et le développement professionnel des jeunes Congolais.

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