MACAAL : un nouvel écrin pour l’art contemporain africain

A Marrakech, le MACAAL rouvre ses portes avec une nouvelle exposition permanente et des espaces repensés.

Après près de deux ans de rénovation, le Musée d’Art Contemporain Africain Al Maaden (MACAAL) à Marrakech a rouvert ses portes le 2 février. Cette réouverture marque une nouvelle ère pour l’institution jusqu’alors conçue pour accueillir des projets temporaires. L’établissement propose désormais une exposition permanente et des espaces entièrement repensés.

Un voyage à travers l’art contemporain africain

Intitulée « Seven Contours, One Collection », la nouvelle exposition permanente du MACAAL présente plus de 150 œuvres tirées de la collection de la Fondation Alliances, riche de plus de 2.000 pièces. Cette collection, rassemblée par la famille Lazraq sur plusieurs décennies, met en lumière la diversité et la vitalité de l’art africain contemporain.

Parmi les artistes exposés figurent des noms emblématiques comme Malick Sidibé, Joël Andrianomearisoa, Kapwani Kiwanga, Hassan Hajjaj et Chéri Samba, ainsi que des pionniers modernistes marocains tels que Farid Belkahia, Ahmed Cherkaoui et Mohamed Melehi. Les œuvres incluent peintures, sculptures, photographies, textiles et installations multimédias. A noter que les accrochages évolueront régulièrement de manière à explorer toute la richesse de la collection et offrir aux visiteurs une expérience renouvelée à chaque visite.

Une expérience muséale repensée

Les rénovations du MACAAL ont permis une redéfinition complète des espaces d’exposition, repensés pour offrir une expérience immersive et pédagogique aux visiteurs.

L’exposition permanente est organisée autour de sept thématiques : décolonisation, écologie, spiritualité, migration, identité, mondialisation et environnement – un parcours conçu pour explorer les enjeux majeurs de l’art africain contemporain tout en défiant les catégories historiques et occidentales de l’art. Ces sept salles thématiques doivent leur scénographie originale au designer et muséographe Franck Houndégla.

Deux espaces dédiés aux installations in situ ont par ailleurs été créés. Des œuvres monumentales de Salima NajiDans les bras de la terre, et d’Aïcha Snoussi, Cyborg Archaeology, inaugurent actuellement cet espace. De même, une nouvelle Artist Room accueillera des expositions temporaires, individuelles et collectives. Une installation de l’artiste franco-marocaine Sara Ouhaddou autour des savoir-faire traditionnels marocains y est actuellement à découvrir. Ces expositions temporaires, renouvelées périodiquement, auront vocation à interagir avec l’architecture du musée et approfondir les thématiques de l’exposition permanente.

Enfin, afin de mettre les œuvres en perspective, le musée propose également désormais une salle chronologique (Timeline Room) qui retrace les moments clés de l’art et de l’histoire africaine, ainsi qu’une médiathèque riche en archives vidéo, sonores et de performances artistiques des années 1990 à nos jours.

Avec cette reconfiguration aussi ambitieuse qu’audacieuse, nul doute que le MACAAL ait tous les atouts pour s’imposer comme une institution de référence en matière d’art contemporain africain sur la scène internationale. A suivre.

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