Galerie des cinq continents : un nouveau carrefour culturel au cœur du Louvre

Les arts extra-européens continuent d’être à l’honneur en 2025. Six mois après le MET, qui a rouvert la Michael C. Rockefeller Wing dédiée aux arts d’Afrique, d’Océanie et des Amériques, le Louvre inaugure sa Galerie des cinq continents. Installé dans l’aile Denon, ce nouvel espace réunit des œuvres venues de tous horizons, invitant à un parcours qui fait dialoguer les civilisations.

Inauguré en 2000, le Pavillon des Sessions, avait introduit les arts d’Afrique, d’Océanie et des Amériques au Louvre, qui était jusque-là centré sur l’art européen. Si cette initiative pionnière avait marqué son époque, ouvrant le débat sur la place des arts extra‑européens dans le récit de l’histoire de l’art, elle demeurait cependant limitée : les œuvres restaient cantonnées à un espace annexe, en marge des collections principales.

Vingt-cinq ans plus tard, l’ouverture de la Galerie des cinq continents, le 3 décembre 2025, transforme cette ambition. Les collections occupent désormais une place centrale au cœur du musée, où chaque civilisation dialogue d’égal à égal avec les autres.

Faire dialoguer les cultures

Tandis que le Pavillon des Sessions était centré sur trois continents, la nouvelle galerie embrasse une approche globale, ouverte à toutes les civilisations. Quelques 130 pièces y sont présentées - sculptures, objets rituels, éléments d’architecture – issus du musée du Quai Branly‑Jacques Chirac, du Louvre, du musée Guimet, du musée de la Marine et de musées régionaux. Un dépôt exceptionnel du Nigeria vient compléter cet ensemble. Cette sélection large permet de faire dialoguer les cultures des cinq continents.

A la traditionnelle présentation géographique, lisible mais cloisonnante, la Galerie des cinq continents substitue une organisation thématique. Naissance et vie, pouvoir et royauté, spiritualité et croyances, relation à l’environnement : autour de ces thèmes, des rencontres parfois surprenantes mettent en évidence des correspondances qui échappaient à une lecture strictement régionale. Une maternité dogon et une Vierge à l’Enfant espagnole offrent ainsi un parallèle saisissant autour de la filiation et de la transmission. Plus loin, une statue romaine d’Aelius César dialogue avec une sculpture de grade turu kuru du Vanuatu, incarnant chacune à leur manière le pouvoir et l’autorité. Un vase canope égyptien et une tête de moai de l’île de Pâques évoquent quant à eux le rapport à la mort et à la mémoire, tandis que des représentations de Vishnu et de Dionysos illustrent la diversité des figures du divin. 

Ces rapprochements invitent à lire les œuvres comme autant de réponses à des questions profondément humaines et universelles.

Une entrée magistrale par la Porte des Lions

Le Louvre accueille les cultures du monde dans un espace entièrement repensé. Là où le Pavillon des Sessions occupait une zone relativement isolée, la Galerie des cinq continents s’installe sur un axe central de l’aile Denon, l’un des plus fréquentés du musée : les arts extra-européens intègrent le parcours principal du Louvre.

La galerie bénéficie désormais d’un accès direct par la Porte des Lions. Le visiteur est accueilli par neuf grandes toiles de la série Liaisons, réalisées pour l’occasion par l’artiste sud-africaine Marlene Dumas. Première femme contemporaine à participer à la tradition des grands décors peints du Louvre, elle offre au lieu une ouverture symbolique forte.

La nouvelle galerie se distingue enfin par son parti-pris architectural et scénographique. Le travail sur la lumière et la générosité des volumes permettent à chaque œuvre d’exister pleinement, tandis que les perspectives ouvertes favorisent les rapprochements entre les pièces.

L’ensemble offre un écrin de choix aux civilisations du monde, où le dialogue entre les cultures se construit sans effacer la singularité de chacune.

Une collaboration muséale au sommet

Pour ce projet, le Louvre a bénéficié de la collaboration du musée du quai Branly – Jacques Chirac, partenaire de référence pour les arts extra‑européens. Son expertise se reflète dans la sélection des œuvres, leur accrochage et leur présentation très documentée. Pour certaines œuvres, les communautés d’origine ont été consultées pour garantir une présentation fidèle et respectueuse. Les questions de collecte, de circulation et de restitution sont abordées avec clarté, éclairant le parcours souvent complexe des objets exposés.

Pour qui souhaite prolonger la découverte, le musée du Quai Branly‑Jacques Chirac demeure la référence scientifique, avec ses vastes collections, ses programmes de recherche et ses ressources pédagogiques. Là où la Galerie des cinq continents propose une porte d’entrée grand public, immersive et spectaculaire, le Quai Branly offre un approfondissement plus académique et spécialisé : deux approches complémentaires permettant de toucher tous les publics.

Au-delà du Louvre, cette ouverture confirme Paris comme carrefour des cultures du monde. Musées, galeries spécialisées, foires, fondations et parcours urbains dédiés positionnent la capitale française comme un pôle de référence autour de ces arts. Paris devient ainsi un lieu privilégié pour explorer, comprendre et admirer la diversité des cultures.

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