Sous le commissariat d’Ousmane Mbaye, designer sénégalais de renom, une section entière consacrée au design avait pris ses quartiers dans l’Ancien Palais de Justice de Dakar dans le cadre de la Biennale d’art contemporain Dak’art qui s’est tenue du 15 au 30 mai.
Servies par une scénographie riche et dynamique, les œuvres exposées illustraient la diversité des techniques et l’évolution du design en Afrique, dépassant l’artisanat traditionnel pour aborder des concepts modernes comme l’ergonomie et la fonctionnalité.
Un dialogue intergénérationnel
Une trentaine de créateurs venus de tout le continent – Afrique du Sud, Burkina Faso, Côte d’Ivoire, Mali, Maroc, Nigeria, Sénégal – ont offert un panorama riche et diversifié de la scène du design africain. Les œuvres présentées témoignaient d’une approche résolument contemporaine du design, tout en puisant dans les traditions artisanales africaines.
Des talents confirmés étaient représentés, rendant hommage aux créations fondatrices et emblématiques du design contemporain africain. Les visiteurs ont ainsi pu (re)découvrir certaines des pièces maîtresses de Jean Servais Somian, Hicham Lahlou, Fatimata Ly, Bibi Seck ou Cheick Diallo.
A leurs côtés, de jeunes talents émergents, exposés pour la toute première fois, étaient ravis de cette belle vitrine offerte à leur travail et de cette occasion exceptionnelle de rencontres et d’échanges.
La matière dans tous ses états
La réflexion autour de la matière occupait une place centrale dans l’exposition, avec des salles thématiques consacrées aux divers matériaux, de leur fabrication à leur revisite. Une approche permettant de valoriser l’incroyable travail de conception et d’appropriation des designers.
De nombreux créateurs avaient mis à l’honneur des matériaux locaux, les réinventant avec audace et créativité. Le bois, le raphia, le cuir ou encore les textiles traditionnels avaient ainsi été sublimés dans des pièces de mobilier et des objets du quotidien aux lignes épurées et contemporaines.
L’engagement écologique était également présent chez de nombreux designers. Plusieurs projets présentés exploraient les possibilités offertes par l’upcycling et l’économie circulaire, transformant des déchets en objets de design aussi beaux qu’utiles, tels de spectaculaires luminaires fabriqués à partir de bouchons de bouteille en plastique.
Sans oublier les nouvelles technologies, illustrées par le travail de deux designers nigériens, Ifeanyi Oganwu et Charles O. Job, témoignant de l’extraordinaire finesse du travail de découpe rendu possible par les techniques les plus récentes.
Le design en réflexion
Au-delà de la nécessaire mise en lumière des talents du design africain, la Biennale était l’occasion d’approfondir la réflexion sur le rôle et les enjeux du design au travers d’une série de rencontres et d’échanges.
Des ateliers et masterclasses animés par des designers de renom ont ainsi offert aux visiteurs l’opportunité de s’initier à diverses techniques et d’échanger avec les créateurs.
Une série de conférences et tables rondes a par ailleurs abordé des thématiques cruciales pour l’avenir du design en Afrique : durabilité, innovation sociale, préservation des savoir-faire traditionnels ou encore place du design dans l’économie créative africaine. Une réflexion qui devrait se poursuivre dans le cadre de la prochaine édition de la biennale, prévue en 2026, et qui promet déjà de consolider la place de choix accordée au design.






