Inaugurée en 1982 et nommée en hommage à Michael Rockefeller, passionné d’arts non occidentaux, cette aile avait été pensée comme un lieu pionnier pour accueillir des collections longtemps marginalisées dans les musées occidentaux. Devenue au fil des décennies un symbole de légitimité et de richesse culturelle, elle connaît aujourd’hui une renaissance spectaculaire.
Sur plus de 4 000 m² entièrement repensés, le Metropolitan Museum of Art propose désormais un parcours immersif où près de 1 800 œuvres dialoguent avec des dispositifs multimédias et de nouvelles narrations, affirmant leur place au cœur du dialogue artistique mondial.
Une inauguration festive et interculturelle
Le samedi 31 mai 2025, le MET a ouvert ses portes au public avec une journée exceptionnelle : performances musicales et dansées, ateliers artistiques et projections de films documentaires ont ponctué la visite. Les visiteurs ont également découvert des mets inspirés de recettes précoloniales d’Afrique, du Pérou, du Mexique et d’Hawaï, prolongeant l’expérience par une immersion sensorielle.
Parmi les discours qui ont marqué la journée, celui de Max Hollein, directeur du MET, a souligné l’importance historique de l’événement : « La réouverture de cette aile marque un moment clé pour la reconnaissance des arts premiers, souvent marginalisés. Il s’agit de leur offrir la visibilité et la dignité qu’ils méritent. »
Des collections enrichies et valorisées
Avec 1.800 œuvres exposées, parmi lesquelles un quart sont présentées pour la première fois grâce à de nouvelles acquisitions et à des dons récents, le MET offre aux visiteurs un aperçu d’une richesse inédite sur les arts d’Afrique, des Amériques et d’Océanie.
L’Afrique occupe une place centrale : environ 500 pièces issues de plus de 170 cultures composent une galerie repensée, ouverte par un espace lumineux inspiré de l’architecture malienne. Bronzes du Bénin, masques Baoulé, statues Bamana y côtoient des œuvres modernes, telles que celles d’Iba N’Diaye ou d’Abdoulaye Konaté, soulignant la continuité d’une tradition vivante, des objets rituels aux créations contemporaines.
Les sections consacrées aux Amériques anciennes et à l’Océanie offrent également des pièces majeures : textiles andins, tuniques en laine de lama ou imposants « bisj poles » des Asmat de Papouasie-Nouvelle-Guinée, témoignant de la force et de l’universalité de ces traditions.



Une muséographie repensée, moderne et immersive
Sous la direction de l’architecte Kulapat Yantrasast, la rénovation a transformé l’aile en un espace lumineux et fluide. Un mur de verre de 60 mètres diffuse une lumière naturelle généreuse, tandis que les galeries sont désormais organisées par régions et thématiques. Les plafonds voûtés inspirés de la Grande Mosquée de Djenné et les volumes aérés des espaces océaniens créent une architecture en résonance avec les cultures représentées.
La muséographie intègre désormais contenus multimédias, films documentaires et cartels interactifs, offrant une expérience éducative et immersive. Certaines installations ont été conçues en concertation avec les communautés d’origine des œuvres, assurant une présentation respectueuse et authentique. L’ensemble du projet traduit ainsi la volonté du MET de faire de cette aile un modèle de valorisation des arts non occidentaux.
Cette réouverture dépasse la simple mise en valeur d’une collection : elle invite à repenser le regard porté sur les arts premiers. Entre esthétique, pédagogie et éthique, cette renaissance muséale marque un tournant dans leur reconnaissance internationale.






