Parcours des Mondes invite au dialogue entre les cultures

Comme chaque rentrée, Parcours des Mondes a réuni à Paris les amateurs d’arts premiers pour le plus grand salon international dédié aux arts extra-européens. Pour sa 24ᵉ édition, l’événement a rassemblé plus de soixante galeries et quelque 30 000 visiteurs autour d’un voyage unique entre Afrique, Océanie, Asie, Amériques, archéologie et art contemporain.

Né en 2002 au cœur de Saint-Germain-des-Prés, Parcours des Mondes s’est affirmé en deux décennies comme un rendez-vous incontournable pour les collectionneurs, galeristes, conservateurs et amateurs avertis. Sa vocation : favoriser la rencontre entre cultures, révéler la richesse des expressions artistiques des cinq continents et élargir notre regard sur des patrimoines longtemps restés marginalisés sur le marché de l’art. Une ambition fidèlement portée en 2025 avec des dialogues inédits entre époques, civilisations et sensibilités.

Un carrefour des cultures

Le succès de Parcours des Mondes repose notamment sur la richesse et la diversité des œuvres présentées. Initialement centré sur l’art tribal africain, l’événement s’est d’abord élargi à l’art océanien et précolombien, avant d’intégrer plus récemment les arts asiatiques. Cette ouverture s’est opérée tout naturellement, de proche en proche, par contiguïté des formes et des inspirations. Au fil des déambulations à travers le parcours, les résonances apparaissent avec évidence, entre des masques africains, amérindiens et inuit par exemple.

L’édition 2025 illustrait particulièrement bien cette diversité culturelle. Les visiteurs pouvaient ainsi passer d’un masque Kota du Gabon présenté par la galerie Monbrison à une statuette Hopi exposée chez Flak, avant de découvrir des sculptures inuites et sámi mises en lumière par la galerie Vallois. La galerie Kiyama a offert un aperçu raffiné des arts japonais, tandis que Arte Primitivo mettait en valeur des pièces amérindiennes ou précolombiennes, et Schoffel de Fabry exposait des œuvres spectaculaires de Nouvelle-Guinée. Cette mosaïque d’expressions illustrait la vocation universelle du salon : relier les continents par le langage des formes.

À cette diversification géographique s’est ajoutée une diversification historique importante. L’événement accueille désormais des pièces archéologiques, comme celles de la galerie Eberwein spécialisées dans l’art égyptien ancien, tout en donnant une place croissante à la création contemporaine. Plusieurs expositions ont ainsi mis en scène un dialogue fertile entre patrimoine ancien et expression actuelle. La galerie Christophe Person a ainsi présenté des œuvres textiles contemporaines africaines dialoguant avec des pièces traditionnelles, tandis que Magnin-A confrontait les créations de Seyni Awa Camara et d’Estevão Mucavele à des sculptures séculaires. Cette mise en perspective a souligné la continuité créative entre héritage et modernité, dans un jeu de résonances devenu l’une des signatures de Parcours des Mondes.

Un format unique, entre musée à ciel ouvert et marché vivant

La singularité de Parcours des Mondes réside également dans son format hors norme. Ni foire commerciale ni exposition institutionnelle, il transforme chaque année le quartier de Saint-Germain-des-Prés en un véritable musée à ciel ouvert. Les galeries des rues Mazarine, Visconti, Jacob ou de Seine ouvrent gratuitement leurs portes, invitant le public à une promenade artistique en toute liberté.

Contrairement aux foires professionnelles, Parcours des Mondes revendique une mission pédagogique et inclusive. Il attire aussi bien les experts que les familles ou les étudiants, grâce à un accès gratuit et à une médiation directe avec les galeristes. Certaines présentations donnent accès à des collections privées rarement dévoilées, comme à la galerie Gradiva, où l’exposition Au Cœur de l’Afrique Classique a révélé des chefs-d’œuvre emblématiques, dont un grand reliquaire Kota du XIXᵉ siècle. Ce souci de partage contribue à faire du Parcours un événement accessible.

Mais Parcours des Mondes ne se réduit pas non plus à une exposition institutionnelle. Il s’agit d’une expérience ouverte, où le visiteur circule librement, sans itinéraire imposé. On y croise collectionneurs passionnés, conservateurs et passants curieux, tous réunis dans une atmosphère conviviale. Dans cette atmosphère vivante, l’éclectisme des œuvres et l’absence de cloisonnement renforcent la singularité du Parcours, qui s’affirme chaque année comme un haut lieu du dialogue entre toutes les cultures et tous les arts dans le centre historique de Paris.

Une édition charnière

L’édition 2025 a confirmé la popularité croissante de l’événement, attirant près de 30.000 visiteurs et bénéficiant d’une couverture médiatique internationale importante. Les galeries présentes ont signalé une dynamique commerciale encourageante, témoignant de la vitalité du marché des arts premiers. La présence de personnalités influentes, comme la conservatrice du Metropolitan Museum of Art, a également renforcé le prestige de cette édition.

Entre ces deux événements majeurs que sont la récente ouverture de l’aile Arts of Africa, Oceania, and the Americas au Metropolitan Museum of Art de New York et la prochaine réouverture du Pavillon des Cessions du Louvre dédiée aux collections extra-européennes, Parcours des Mondes s’est imposé comme un jalon essentiel sur la scène internationale des arts premiers. Paris, avec le musée du quai Branly – Jacques Chirac, Christie’s et ce salon, confirme son statut de capitale mondiale des arts premiers. Et la 25e édition, déjà programmée du 8 au 13 septembre 2026, promet d’être une célébration majeure pour conforter cette position de référence.

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