Eclectisme et engagement au programme du 17ème FEMUA

Pour sa 17ème édition, le FEMUA n’a pas failli à sa réputation, avec une programmation plus riche et diversifiée que jamais, associant stars confirmés et talents émergents de tous styles et tous pays.

Comme chaque année depuis 2008, le Festival des Musiques Urbaines d’Anoumabo (FEMUA) avait donné rendez-vous aux amateurs de rythmes urbains en Côte d’Ivoire, du 15 au 20 avril, pour cinq jours de concerts gratuits.

Fidèle à son identité unique, le FEMUA a une fois encore su allier avec succès ancrage local et ouverture continentale, avec pour pays invité d’honneur la Guinée, et rayonnement artistique et engagement citoyen, avec pour thème sociétal la sécurité routière.

Stars internationales et talents locaux émergents

Avec une centaine d’artistes venus d’une vingtaine de pays, d’Afrique, d’Europe et des Caraïbes, le FEMUA offrait cette année une programmation particulièrement éclectique, mêlant vedettes internationales et talents émergents.

Le rap tenait la vedette, avec en tête d’affiche l’icône franco-ivoirienne Kaaris, très attendu depuis son dernier passage en 2019, pour qui « l’avenir du rap est en Afrique ». Tout aussi attendu, Himra, le nouveau visage du rap ivoirien, dont la popularité a explosé en 2024, a fait sensation auprès du public local avec une performance électrisante. Bien que moins connu du public ivoirien, le jeune Burkinabè Smarty est également parvenu à embarquer la foule avec un discours musical fort et engagé.

@himraofficielfan225

Himra solo en live au Femua 2025 🔥✊️ @Boukess Du Trône 👑⚔️ #himra #femua #cotedivoire🇨🇮 @Himra

♬ son original – HIMRA FAN PAGE ⚔️

D’autres genres musicaux étaient également représentés, avec notamment en guest star la légende béninoise Angélique Kidjo. L’icône de la musique africaine, maintes fois récompensée, a livré une prestation magistrale, saluée pour sa puissance vocale et sa présence scénique. L’événement a également permis de révéler la chanteuse bissau-guinéenne Eneida Marta, associant traditions lusophones d’Afrique de l’Ouest et créations urbaines dans un style hybride porté par une voix puissante. Surnommé le « Baoulé superstar », Lil Jay Bingerack a quant à lui fait sensation avec son style unique, modernisant le zouglou et l’afro-pop avec des arrangements électro et des mélodies pop accrocheuses.

La Guinée à l’honneur

Invitée d’honneur de cette édition, la Guinée avait mobilisé une délégation de plus de 250 artistes et créateurs pour faire rayonner son patrimoine culturel et sa créativité contemporaine.

Représentant phare de la délégation, la star du reggae Takana Zio a livré sur la scène principale une performance habitée, qui lui a valu d’être salué comme la relève du reggae africain. L’événement visait également à exposer à un public international une nouvelle génération d’artistes plus habituée des scènes locales. La « Nuit de la Guinée » a entre autres révélé la voix intense de Queen Rima et le flow prometteur du jeune rappeur Thiird.

Cette soirée dédiée à la création guinéenne a également été rythmée par les sketches de Bappa Oumar Baldé, humoriste-conteur, mêlant satire et traditions orales pour raconter la Guinée autrement, et par les récits du conteur traditionnel Petit Tonton. La délégation guinéenne incluait également des artisans, designers et cinéastes, dont les stands et projections ont permis de présenter le patrimoine culturel national au public présent. 

La présence d’artisans, designers et cinéastes guinéens a complété cette vitrine culturelle avec des expositions et projections de grande qualité.

Un festival à impact

Si l’ambiance est à la fête, le FEMUA affirme chaque année son engagement sociétal profond. Porté par la vision de son fondateur A’Salfo, leader de Magic System, le festival revendique son rôle d’ »accélérateur de développement social ».

Chaque année, le FEMUA mobilise les populations, notamment la jeunesse, autour de thèmes sociétaux majeurs. En 2025, l’accent était mis sur la sécurité routière – une urgence pour un continent qui concentre 20 % des accidents de la route pour seulement 3 % du parc automobile à l’échelle mondiale. Des séances de sensibilisation dans les écoles ont été organisées, et mille permis de conduire ont été offerts à prix réduit pour renforcer la prévention.

En parallèle, le FEMUA poursuit son œuvre sociale et a annoncé la construction de quatre écoles et le lancement de « Epp Magic System », un nouveau projet social et culturel. Rappelons que depuis sa création, le festival a déjà permis la construction de douze écoles primaires, d’un centre de santé et d’un centre d’accueil pour orphelins, et la scolarisation de 12 000 enfants grâce à des bourses et infrastructures éducatives. Un engagement social et communautaire qui, conjugué à la gratuité des concerts, confère au FEMUA un statut à part dans le paysage culturel africain, entre grande fête populaire et moteur de développement durable.

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