African Proud Contest : and the winner is…

Après trois mois de compétition, la jeune Sénégalaise Waw Coumba a remporté la deuxième édition de l’African Proud Contest au terme d’une finale riche en suspense, diffusée en direct sur Skyrock, première radio urbaine en France. Derrière ce succès individuel se dessine un dispositif pensé pour la nouvelle génération d’artistes africains : un concours digital, panafricain et participatif, conçu pour révéler des talents au-delà des circuits traditionnels.

Depuis quelques années, les scènes musicales africaines se transforment à grande vitesse. Portés par le numérique et l’émergence de nouveaux formats, les artistes multiplient les stratégies pour se faire entendre. Dans ce paysage en recomposition, les concours eux-mêmes changent de visage.

L’African Proud Contest s’inscrit pleinement dans ce mouvement. Le dispositif conçu par DJ Moh Green entend proposer une alternative aux dispositifs classiques de découverte musicale, souvent concentrés dans quelques capitales et peu accessibles aux talents émergents, et offrir une véritable scène ouverte à l’échelle du continent et de la diaspora. En remportant l’édition 2025, Waw Coumba incarne cette génération d’artistes qui s’emparent de ces plateformes comme de véritables leviers de structuration, de diffusion et de professionnalisation.

Waw Coumba, l’émergence d’une nouvelle voix féminine

Déjà finaliste de la première édition, Waw Coumba est revenue en 2025 avec un univers plus affirmé et une écriture plus personnelle. Sa victoire consacre plusieurs années d’un travail cohérent, entre recherche artistique et affirmation de soi. L’artiste, basée à Dakar, s’est d’abord forgé une expérience au sein d’un collectif féminin avant d’entamer une carrière solo en 2022.

Depuis, elle écrit, compose et affirme sa signature. Son single Nobody en constitue l’une des premières pierres : un mélange d’afrobeat, de R’n’B, de soul et de mbalax, porté par une voix chaude et résolument expressive. Attachée à la force du verbe, Waw Coumba aborde sans détour des sujets de société forts, notamment ceux liés à la place des femmes dans la société sénégalaise.

Dans un contexte où l’accès à la scène reste souvent semé d’obstacles pour les artistes féminines, sa victoire revêt une portée symbolique. Elle illustre la capacité de nouveaux dispositifs digitaux à promouvoir le talent sur la seule base du mérite artistique.

Un concours nouvelle génération

L’édition 2025 de l’African Proud Contest a rassemblé plus de 10.000 artistes africains et issus de la diaspora, soit le double de la précédente, confirmant l’attractivité d’un dispositif pensé pour l’ère numérique. Parmi eux, 160 talents ont été retenus pour la phase finale.

Si ce modèle séduit, c’est parce qu’il lève de nombreux freins structurels : coûts de production élevés, accès limité à des studios professionnels, faiblesse des réseaux de diffusion locaux, difficulté à dépasser les frontières nationales. Le concours y répond par des choix structurants. Son format 100 % digital supprime les barrières géographiques et réduit considérablement les coûts d’accès. Chaque candidat travaille à partir d’instrumentales communes, recentrant l’évaluation sur l’interprétation, l’écriture et la personnalité artistique. La sélection repose enfin sur un double mécanisme — jury professionnel et vote du public — garantissant un équilibre entre expertise sectorielle et engagement communautaire.

À travers cette approche, l’African Proud Contest participe à la modernisation d’une industrie musicale africaine qui gagne en agilité, multiplie les points d’entrée et explore de nouveaux formats pour accompagner ses talents.

Au-delà du concours, un accompagnement structurant

L’autre originalité du concours réside dans son programme d’accompagnement. Sous l’impulsion de son fondateur, Moh Green, le concours intègre une véritable dimension de mentoring. DJ, producteur et entrepreneur reconnu sur la scène internationale, l’artiste franco-algérien est issu d’un milieu modeste. Son parcours, façonné par la persévérance et l’apprentissage sur le terrain, nourrit une conviction forte : la réussite artistique n’est pas réservée à une élite, mais dépend largement de l’accès aux bons outils, aux bons repères et aux bons réseaux.

Cette vision se traduit par un accompagnement structuré : sensibilisation aux droits d’auteur, compréhension des enjeux de la distribution numérique, conseils en communication, premiers jalons vers la professionnalisation. Le concours devient ainsi un espace d’apprentissage autant qu’un accélérateur de visibilité.

L’exemple de Skipp Narco, lauréat de la première édition, illustre pleinement cet effet levier. Depuis sa victoire, il a vu sa notoriété s’élargir et son projet artistique gagner en structuration, franchissant un cap décisif dans sa carrière. À son tour, Waw Coumba voit s’ouvrir un nouveau champ de possibles : élargissement du réseau, collaborations artistiques et premières scènes hors du Sénégal, à commencer par un concert prévu à Paris au printemps prochain.

Déjà tourné vers 2026, l’African Proud Contest annonce une nouvelle édition au périmètre géographique élargi et à l’accompagnement renforcé. Plus qu’un concours, il s’affirme désormais comme un véritable laboratoire d’émergence et d’innovation musicale, contribuant à dessiner les contours d’une scène musicale africaine en pleine réinvention. 

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