Construite en deux volets, le premier dédié à l’histoire du tissu, le second consacré à sa réappropriation par les secteurs de la mode, du design et de l’art contemporain, l’exposition du Musée de l’Homme permet de comprendre l’extraordinaire popularité du wax, bien au-delà du continent africain et du domaine de l’habillement.
De l’Asie à l’Afrique en passant par l’Europe
Etroitement lié à l’Afrique dans l’imaginaire collectif, le wax est pourtant le fruit d’une histoire qui dépasse très largement le continent africain.
De fait, le wax trouve son origine en Asie, au 19e siècle. En Indonésie, des entrepreneurs néerlandais, ambitionnant d’approvisionner le marché local, se réapproprient la technique du batik – un coton imprimé sur les deux faces avec une technique de réserve à la cire (« wax » en anglais) pour délimiter les plages d’impression. Le wax est né.
Comment expliquer sa destinée africaine ? Le hasard veut que des soldats ghanéens, enrôlés à Java par les Néerlandais, regagnent leur pays avec des pièces de tissu, qui rencontrent un véritable engouement. Un succès qui pousse les producteurs à réorienter leur production vers l’Afrique de l’Ouest. La seconde moitié du 20e siècle voit la production se développer au Nigeria, au Bénin, au Burkina Faso ou encore en Côte d’Ivoire, avant de s’étendre sur tout le continent.
Par la suite, les marques occidentales vont à leur tour s’enthousiasmer devant les potentialités infinies de ce tissu aux motifs variés et colorés. Dès lors, le wax devient l’objet d’une production mondiale et l’enjeu d’une concurrence internationale.








De l’habillement à l’art
Le succès du wax ne peut se comprendre sans appréhender sa dimension symbolique. Son iconographie incroyable se nourrit de sources d’inspiration innombrables : faune et flore, actualités sociales, événements politiques… Les motifs dépassent largement l’aspect décoratif et servent à faire passer des messages, tels que l’appartenance à une communauté ou l’engagement en faveur d’une cause. D’où le succès à travers les âges de certains motifs, porteurs de symboliques universelles, comme La main, Fleur de mariage, Œil, Hirondelle, L’œil de ma rivale, Tu sors je sors ou Chérie ne me tourne pas le dos.
Cette puissance symbolique explique que le wax ait largement dépassé le simple champ de l’habillement pour entrer dans le champ artistique. L’exposition du Musée de l’Homme est l’occasion de découvrir cette dimension au travers d’un large éventail d’œuvres. Que les artistes s’en emparent comme un symbole de fierté et d’appartenance, ou qu’a contrario ils le détournent pour protester contre une image stéréotypée de l’Afrique, il est certain que le wax ne laisse personne indifférent !











