Devenu couturier presque par hasard, Jacques Logho a su s’imposer sur la scène internationale avec sa marque éponyme, Jacques Logoh Couture, à force de conviction et de persévérance. Il offre l’exemple d’un couturier africain qui a su dépasser les cases et les étiquettes pour proposer un style universel.
Une marque montante
Depuis toujours passionné de mode, formé au stylisme mais à l’origine mannequin de profession, c’est un peu par hasard que Jacques Logoh en vient à créer sa griffe il y a sept ans, sous l’impulsion de son entourage, qui admire son style et l’encourage à partager ses créations.
La notoriété de sa marque se construit au rythme de fréquents défilés, que ce soit dans le cadre du FIMO, le festival de mode qu’il a créé, ou de défilés privés à l’international, explique le styliste, qui donne d’ailleurs rendez-vous aux fashionistas pour un show prévu prochainement à Paris.
Aujourd’hui reconnu comme une figure montante du stylisme à tout juste 36 ans, Jacques Logoh habille une clientèle internationale, masculine et féminine, qui prise ses pièces uniques, taillées dans des tissus très luxueux. Ses créations sont distribuées à Lomé, dans sa boutique multimarque, où il accueille également d’autres couturiers togolais. Quant à la clientèle internationale, elle peut se procurer ses créations en e-commerce mais également dans le cadre de ventes privées régulières, la prochaine étant programmée à Paris le 3 mai. Fort de son succès, le jeune créateur projette par ailleurs d’ouvrir bientôt de nouvelles boutiques, en Côte d’Ivoire et au Congo notamment, mais également à Paris.
L’universalisme au cœur
Son succès, Jacques Logoh le doit à un style bien à lui, d’une simplicité sophistiquée. Il affectionne les coupes simples, faciles à porter, s’appropriant la phrase d’Yves Saint Laurent qui se disait heureux de voir ses vêtements portés dans la rue, prônant une mode accessible et vivante, au-delà des podiums. Il mise sur les détails subtils, les finitions soignées, les mariages de couleur raffinés. Dans cet esprit, cet amoureux de beaux tissus privilégie les textiles très légers, tout en fluidité.
Des tissus de tous types et de toutes provenances car, Jacques Logoh l’affirme avec force, sa mode est universelle, il refuse de se laisser enfermer dans une esthétique ethnique. Le créateur refuse que ses vêtements soient achetés au motif de « soutenir la mode africaine » ; il ne veut pas que ses créations soient portées parce qu’elles sont africaines mais parce qu’elles sont belles. « Aujourd’hui, la mode africaine est déjà devenue aspirationnelle, note-t-il, il suffit de constater que Dior, entre autres, intègre volontiers des tissus africains à ses créations. Forte de cette identité reconnue, elle doit maintenant s’affranchir des codes strictement africains et les dépasser, pour tendre vers plus de modernité et devenir universellement portable ».










Un moteur pour la création africaine
Si le ton doux et posé de Jacques Logoh pourrait faire penser à un parcours sans heurts, il n’en a pas moins bataillé pour s’imposer. Les difficultés ne manquent pas pour les créateurs africains, reconnait-il, à commencer par le fait les Africains portent peu de créations locales, leur préférant des marques internationales. « J’aimerais que les Africains portent davantage des vêtements de créateurs africains, et les portent avec fierté. Notamment, les personnalités du continent et de la diaspora ». Parmi les obstacles à surmonter, Jacques Logoh souligne également le manque de personnel qualifié et autonome ainsi que les difficultés pour s’approvisionner en matériaux de qualité – il doit encore se déplacer à l’étranger pour trouver son bonheur.
Conscient des difficultés du secteur, il ne ménage pas ses efforts pour aider stylistes et mannequins africains à percer. C’est dans cette optique qu’il a créé le Festival International de la Mode au Togo (FIMO), qui chaque année donne aux jeunes talents du continent une visibilité internationale, et dont les prochaines dates sont déjà fixées du 1er au 5 avril à Lomé.
Son conseil à de jeunes créateurs ? De l’audace et de la détermination, mais également beaucoup de préparation. « Il est primordial de multiplier les recherches, d’être à l’affût des tendances, de se montrer exigeant dans le choix des tissus, des couleurs, des finitions, précise-t-il, et également de prendre le temps bien structurer sa maison ». Un précieux retour d’expérience pour de jeunes talents africains résolus à conquérir le monde !






